L’essentiel. Un dossier de surendettement se dépose auprès de la commission de votre département, dont le secrétariat est assuré par la Banque de France. Le dépôt seul ne suspend rien. C’est la décision de recevabilité qui produit des effets. Le tableau plus bas résume qui décide quoi.
- Faire le point tôt coûte moins cher que réagir après plusieurs impayés.
- Le dépôt d’un dossier n’arrête ni les prélèvements ni les poursuites.
- La recevabilité, elle, ouvre la suspension prévue par le code de la consommation.
- La procédure peut aboutir à un plan négocié ou à des mesures imposées.
- Le délai de grâce est une autre voie, et il relève du juge.
Sommaire
De quoi on parle exactement
Faire le point, c’est écrire ce que vous devez, à qui, et jusqu’à quand. Rien de plus. Cette mise à plat n’est pas une démarche officielle, et elle n’engage rien.
Le mot surendettement a un sens juridique précis. Il désigne l’impossibilité manifeste de faire face à l’ensemble de ses dettes non professionnelles. Le code de la consommation, publié sur Légifrance, en fixe la définition. Entre un budget tendu et cette situation, il existe une large zone intermédiaire.
Trois états se distinguent nettement. Vos échéances passent, mais le mois est serré. Ou bien un premier impayé apparaît, puis un second. Ou bien vous ne pouvez plus tenir l’ensemble. La réponse n’est pas la même dans les trois cas.
Un crédit auto se lit avec ses accessoires. La mensualité, l’assurance emprunteur éventuelle, l’assurance du véhicule, le carburant et l’entretien forment un même bloc. Quand un crédit finance un bien qui coûte encore ensuite, la charge réelle dépasse la ligne de prélèvement.
Les règles qui s’appliquent
Une règle domine toutes les autres : le dépôt d’un dossier ne suspend rien par lui-même. C’est la décision de recevabilité qui produit des effets.
La commission de surendettement est départementale. Son secrétariat est assuré par la Banque de France, qui reçoit les dossiers et instruit la demande. Vous ne payez rien pour cette saisine.
La commission examine d’abord la recevabilité. Elle vérifie que vous êtes une personne physique de bonne foi, et que vos dettes ne sont pas professionnelles. Elle apprécie ensuite votre incapacité manifeste à y faire face.
La décision de recevabilité change la situation. Elle suspend et interdit les procédures d’exécution engagées contre vous, dans les conditions prévues par le code de la consommation. Elle entraîne aussi votre inscription au fichier des incidents de remboursement tenu par la Banque de France.
Ensuite, deux issues principales. La commission peut proposer un plan conventionnel de redressement, négocié avec vos créanciers. À défaut d’accord, elle peut arrêter des mesures imposées, sous le contrôle du juge. Quand la situation est irrémédiablement compromise, elle peut orienter vers une procédure de rétablissement personnel.
Le délai de grâce suit un autre chemin. Il n’est pas accordé par la commission, mais par le juge saisi d’une demande. Il permet de reporter ou d’échelonner le paiement, dans les limites fixées par le code civil. Rien n’est automatique.
| Étape ou mesure | Ce qu’elle produit | Qui décide |
|---|---|---|
| Dépôt du dossier | L’examen de votre situation commence. Aucune échéance n’est suspendue par ce seul dépôt. | Vous, auprès de la commission |
| Décision de recevabilité | Suspension et interdiction des procédures d’exécution, inscription au fichier de la Banque de France. | La commission de surendettement |
| Plan conventionnel | Un rééchelonnement négocié avec vos créanciers, accepté par eux. | La commission, vos créanciers et vous |
| Mesures imposées | Des mesures arrêtées faute d’accord amiable entre les parties. | La commission, sous contrôle du juge |
| Délai de grâce | Report ou échelonnement d’une dette, en dehors de la procédure de surendettement. | Le juge saisi de la demande |
Lecture : ce tableau résume le périmètre de chaque étape, pas votre dossier. Aucune ligne ne vaut promesse de résultat. Référence : code de la consommation, sur legifrance.gouv.fr.
Notre position est simple. Déposer tôt vaut mieux qu’attendre le dernier impayé, parce que les frais et les majorations s’accumulent vite.
La réserve mérite d’être dite aussi nettement. La recevabilité vous inscrit au fichier de la Banque de France, ce qui restreint l’accès au crédit pendant la durée des mesures. Pour une difficulté passagère, une discussion directe avec le créancier peut suffire.
Les cas particuliers
Le crédit auto pose deux questions propres : la nature du contrat, et l’usage du véhicule.
Une location avec option d’achat n’est pas un crédit classique. Le véhicule ne vous appartient pas tant que l’option n’est pas levée. Les loyers restants et l’état de restitution suivent des règles contractuelles précises.
L’usage du véhicule compte également. Si la voiture vous sert à rejoindre votre travail, indiquez-le dans le dossier. La commission apprécie chaque situation, sans garantie de résultat.
Les dettes professionnelles ne relèvent pas de cette procédure. Un travailleur indépendant relève d’autres dispositifs. Le partage entre dettes privées et dettes d’activité se vérifie avant tout dépôt.
Le co-emprunteur et la caution restent engagés. Une procédure ouverte à votre nom ne protège pas automatiquement la personne qui a signé avec vous. Ce point se lit sur le contrat.
Les démarches concrètes
Rassemblez vos pièces avant tout courrier et avant tout appel. Voici la méthode, donnée à titre d’illustration.
Méthode de mise à plat, présentée comme exemple et non comme cas mesuré 1. Lister chaque crédit : organisme, mensualité, capital restant dû, date de fin 2. Ajouter les dettes hors crédit : loyer, énergie, impôts, découvert 3. Noter les revenus stables du foyer, mois par mois 4. Marquer les échéances déjà impayées et les relances reçues 5. Rassembler contrats, échéanciers et derniers relevés dans un seul dossier
Le dossier se dépose ensuite auprès de la commission de votre département, via la Banque de France. La démarche est gratuite. Aucun intermédiaire payant n’est nécessaire pour la constituer.
Restez prudent face aux offres de regroupement présentées comme une issue automatique. La DGCCRF, au ministère de l’Économie, rappelle les obligations d’information qui pèsent sur les professionnels du crédit. Les conditions accordées dépendent toujours de votre dossier.
Vous pouvez vous informer avant de décider. L’Institut national de la consommation et UFC-Que Choisir publient des fiches sur ces procédures.
Prévenez votre assureur auto si vous envisagez de vendre le véhicule ou d’arrêter de rouler. Gardez enfin une trace écrite de chaque échange avec vos créanciers.
Questions fréquentes
Le dépôt du dossier arrête-t-il les prélèvements ?
Non. Le dépôt ouvre l’instruction, sans suspendre vos échéances. Seule la décision de recevabilité déclenche la suspension et l’interdiction des procédures d’exécution, dans les conditions du code de la consommation. Continuez donc à payer ce que vous pouvez d’ici là.
Puis-je garder ma voiture pendant la procédure ?
Cela dépend de votre situation et du contrat. Aucune règle ne garantit la conservation du véhicule. Signalez son rôle dans vos déplacements professionnels, avec les justificatifs correspondants. La commission examine ce point, et sa décision reste souveraine.
Ce qu’il faut retenir
Retenez l’ordre : mise à plat écrite, contact avec vos créanciers, puis dossier si la situation le justifie. La commission de surendettement existe pour cela, et sa saisine ne coûte rien. Elle ne produit toutefois ses effets qu’à partir de la recevabilité. Plus le point est fait tôt, plus les marges de manœuvre restent ouvertes.
