L’essentiel. Faire le point sur ses crédits demande une heure, vos contrats et une feuille. Quatre données décident de presque tout : le capital restant dû, le TAEG, la durée restante et le total de vos mensualités. Le classement proposé plus bas est une méthode de tri, pas une mesure.
- Le capital restant dû figure sur le tableau d’amortissement remis avec l’offre.
- Le TAEG reste le seul chiffre comparable entre deux crédits.
- Une réserve renouvelable se reconduit chaque année, utilisée ou non.
- L’assurance s’ajoute au coût affiché quand elle reste facultative.
- Aucun score de crédit personnel n’existe en France.
Sommaire
Les points qui pèsent le plus
Quatre données décident de l’essentiel : le capital restant dû, le TAEG, la durée restante et la somme de vos mensualités. Le reste relève du détail.
Le capital restant dû dit ce que vous devez encore, hors intérêts à venir. Il apparaît sur le tableau d’amortissement joint à l’offre de crédit. Si vous ne le retrouvez pas, demandez un décompte à votre prêteur, par écrit et daté.
Le TAEG permet la seule comparaison honnête entre deux contrats. Il intègre le taux d’intérêt, les frais de dossier et le coût de l’assurance quand celle-ci conditionne l’octroi du crédit. La DGCCRF, au ministère de l’Économie, rappelle ces obligations d’information. Un taux nominal seul ne vous apprend rien.
La durée restante change le coût total bien plus que la mensualité. Allonger un remboursement allège l’échéance et augmente les intérêts payés au bout du compte. Notez, pour chaque crédit, le nombre d’échéances restantes et la date de la dernière.
Additionnez enfin toutes les mensualités, réserves renouvelables comprises. Rapportez ce total à vos revenus nets. Le prêteur doit vérifier votre solvabilité avant d’accorder un crédit à la consommation, en application du code de la consommation publié sur Légifrance.
Charge de crédit = total des mensualités / revenus nets mensuels x 100 Hypothèses arbitraires, à remplacer par vos propres chiffres : crédit auto 180 € prêt personnel 95 € réserve renouvelable 60 € total 335 € revenus nets du foyer 2 400 € 335 / 2 400 x 100 = 13,96 %, soit environ 14 % Lecture : ce pourcentage sert à vous situer. Il ne préjuge d'aucune décision de prêteur.
Ceux qu’on sous-estime
Quatre lignes passent sous le radar : l’assurance emprunteur, la réserve renouvelable, les frais accessoires et le remboursement anticipé.
L’assurance emprunteur coûte souvent plus que prévu. Quand elle est exigée pour obtenir le crédit, son coût entre dans le TAEG. Quand elle reste facultative, elle s’ajoute au coût affiché. Relisez la ligne correspondante sur votre échéancier, mois par mois.
La réserve renouvelable se reconduit d’année en année. Le contrat est conclu pour un an, puis reconduit, et le prêteur doit vous informer avant chaque reconduction. Ces règles figurent au code de la consommation, sur Légifrance. Une réserve inutilisée reste un engagement ouvert.
Les frais accessoires se logent ailleurs que dans la mensualité. Cotisation d’une carte adossée à la réserve, frais d’incident, frais de dossier prélevés au départ. L’Institut national de la consommation publie des fiches pratiques sur ces contrats.
Le remboursement anticipé est possible à tout moment sur un crédit à la consommation. Une indemnité peut être due au prêteur, dans les limites fixées par le code de la consommation. Demandez le décompte écrit avant de décider quoi que ce soit.
Ceux qui ne servent à rien
Trois repères occupent beaucoup de place et n’apportent rien : la mensualité prise seule, le taux nominal affiché et l’idée d’une note personnelle.
Notre avis, assumé : la mensualité est le plus mauvais critère de comparaison. Deux crédits à 150 € par mois n’ont ni la même durée ni le même coût total. C’est pourtant la ligne que tout le monde retient.
Le score de crédit à l’américaine n’a pas d’équivalent français. Aucun organisme ne vous attribue une note vendue aux banques. Aucune règle d’usage de carte bancaire ne s’y rattache non plus. La Banque de France tient des fichiers d’incidents de paiement, et vous pouvez demander si vous y êtes inscrit.
Cette position a une limite nette. Un tableau fait à la main ne remplace pas l’analyse d’un prêteur, qui applique ses propres critères internes. Il ne vaut pas décision. Si les échéances ne passent plus, l’interlocuteur reste la commission de surendettement, hébergée par la Banque de France.
Par quoi commencer
Commencez par sortir les papiers, pas par les calculs. Un dossier complet rend la suite mécanique.
Rassemblez, pour chaque crédit, l’offre signée, le tableau d’amortissement et le dernier relevé reçu. Ajoutez trois mois de relevés bancaires, pour repérer les prélèvements oubliés. Aucun logiciel n’est nécessaire. Une feuille et vos documents suffisent.
Classement des éléments, du plus déterminant au plus accessoire Présenté comme méthode de tri, pas comme résultat mesuré 1. Capital restant dû, crédit par crédit 2. TAEG de chaque contrat 3. Durée restante et date de la dernière échéance 4. Total des mensualités rapporté aux revenus nets 5. Coût de l'assurance emprunteur 6. Réserves renouvelables ouvertes, utilisées ou non 7. Frais accessoires et cotisations de cartes 8. Taux nominal affiché 9. Comparaison avec la situation d'un proche
Reportez ces éléments dans un tableau, une ligne par crédit. Classez ensuite par TAEG décroissant. Le crédit le plus cher remonte en haut, et c’est en général celui qu’on cherche à solder en premier.
Gardez une trace écrite de chaque demande adressée à votre banque : courrier, courriel, date d’envoi. En cas de désaccord, ces pièces comptent davantage que les échanges au guichet. L’ACPR supervise les établissements de crédit et leurs pratiques commerciales.
Questions fréquentes
Faut-il payer quelqu’un pour faire ce point ?
Non. Les documents nécessaires sont les vôtres, et le calcul tient en une addition et une division. Votre prêteur peut vous fournir un décompte sur demande écrite. Les fiches de l’Institut national de la consommation couvrent les cas courants.
Peut-on fermer une réserve renouvelable inutilisée ?
Oui. L’emprunteur peut demander à tout moment la réduction de sa réserve, sa suspension ou la résiliation du contrat. Cette faculté figure au code de la consommation, consultable sur Légifrance. Faites la demande par écrit et conservez la réponse.
Ce que vous obtenez au bout d’une heure
Au bout d’une heure, vous tenez une page qui dit ce que vous devez, à quel coût et jusqu’à quand. C’est le document qui manque à la plupart des dossiers. Il ne coûte que le temps de le remplir. Reprenez-le à chaque nouvelle offre reçue, avant de signer.
